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Saint-Saturnin-sur-Loire en bref

Les premiers habitants et l’origine du village La première mention du village remonte au Cartulaire du Ronceray en 1040, sous le nom Curtis Sancti Saturnini super Ligerim. Avant cette date, aucun document ou découverte ne permet d’affirmer une présence humaine sur la butte de Saint-Saturnin. Pourtant la rive sud de la Loire est au néolithique la zone la plus habitée et développée de l’Anjou. A Saint-Sulpice, le menhir et le petit dolmen, découverts dans le château de l’Ambroise, prouvent que le territoire est occupé depuis au moins le Néolithique (il y a 8000 ans). De même, la découverte de hache polie à Brissac ou Saint-Jean-des-Mauvrets, atteste de la présence de l’homme dans la région à cette époque. A l’époque gauloise, une route commerciale importante longe la Loire sur le Rive Sud de Gennes à Nantes. Les villages de Blaison, Saint-Sulpice, Saint-Jean, ou Juigné, situés sur cette route en profitent pour se développer. Nous ignorons malheureusement si cette route passait dans la vallée, ou sur le plateau de Saint-Saturnin, ce qui conduirait à imaginer que le bourg de Saint-Saturnin se serait aussi développer à ce moment là. Le IXe siècle est un siècle difficile pour les villages ruraux en Anjou. Les Normands pillent régulièrement les terres, les églises, les bourgs, les châteaux, tout au long de la Loire. A cela, viennent s’ajouter à la fin du siècle des famines. La situation s’améliore sous la première dynastie comtale d’Anjou, fondé en 929 par Foulque I. Les villes et villages se développent, et de nouvelles terres cultivables se créent en défrichant les forêts, ce qui fut certainement le cas à Saint-Saturnin. C’est sous le règne de Foulque Nerra, en 1040, que Saint-Saturnin apparaît pour la première fois dans les archives. La paroisse est donnée par le comte aux bénédictins de Levière d’Angers. C’est sans doute dans les deux siècles suivants que la première église de Saint-Saturnin fut construite (des traces du clocher de cet église était visible sur l’ancienne église de la paroisse détruite en 1860). De la bourgade rurale à la commune républicaine Du XIIIe au XVe siècle, l’Anjou dépendra de la seconde dynastie comtale (Charles d’Anjou, Louis II et Yolande d’Aragon, René d’Anjou,…) dont les projets sont plus européens qu’angevins. Certains manoirs, grandes fermes ou église se fortifient. A Saint-Saturnin, l’église est reconstruite (suite à sa destruction ou à une fortification du bâtiment). Face à ses difficultés récurrentes, nombreux paysans préfèrent se réfugier dans les villes, et beaucoup de terres sont laissées à l’abandon. Les petits bourgs de campagnes, comme Saint-Saturnin, voient leur population et leurs étendues diminuées. A cet époque, la langue française se modernise, et Saint-Saturnin est appelé dans les textes Saint Saournin sur Loire (en 1465) ou Saint Sernin (en 1579), c’est de là que nous vient le nom des habitants de la commune?: les Saourniens. Les XVIe et XVIIe siècles sont encore marqués par les guerres et les affrontements d’idées. La période vit de nombreux bâtiments se construire, soit du fait de la fondation de nouveaux ordres, ou de l’affirmation de pouvoirs locaux. A Saint-Saturnin, une chapelle est ajoutée à l’église au XVIe siècle. Le prieuré est rénové. Le manoir de la Groye est construit, ou reconstruit. Les Seigneurs de Saint-Saturnin Les terres placées entre les bourgs de Saint-Saturnin et de Brissac appartenaient majoritairement au duc de Brissac. Les paysans cultivant ses terres devaient donc payer des impôts au duc, souvent en bien plus qu’en argent, mais devaient aussi la corvée quelques jours par an. Lors des journées de corvée, on réunissait les corvéables pour des travaux collectifs. Ainsi on curait les douves du château de Brissac, où on dégageait le canal qui passait sous la route de Brissac et qui protégeait le château. Au XVIe siècle, la seigneurie de la Groye est possédée par la famille Rogeron, dont la renommée et la richesse s’est faite au XVe siècle. Charles de Rogeron (fin XVIe–début XVIIe) développa la seigneurie de la Groye. En 1585, il était marchand fermier du prieuré de Saint-Saturnin, c’est-à-dire qu’il louait les terres appartenant au prieuré et les faisait exploiter à son compte. En 1612, il ajoutera à ce domaine, les terres du fief de Fesles. Charles épousa Anne Fardeau, qui lui donna huit enfants, Etienne, né en 1585, qui deviendra chanoine de Blaison, Jean, Marie, Renée, Jacques, Anne (née en 1600), André et Maurice. Charles n’était que simple marchand, mais faisait figure de notable local. Il se fit appeler Seigneur des Groix alors qu’il n’en possédait pas le titre et reconstruisit le manoir sur des murs plus anciens. A sa mort, en 1625, 18 prêtres assistèrent à sa sépulture. La messe fut chantée par son neveu, Jacques Rogeron, accompagné de Jean Rogeron, autre neveu et curé de Charcé. On brûla huit douzaines de chandelles, et Charles fut enterré à l’intérieur de l’église. Son fils Jacques lui succéda comme Sieur de la Groye, il était garde de mesurage à sel à Angers, et épousa Anne Pauvert en 1625. A sa mort en 1658, il lègue l’ensemble de ses domaines, dont l’Auberge du Mouton à Port-en-Vallée, à sa nièce, Anne Pauvert, épouse de René Piolin, juge consul des marchands à Angers et fermier du prieuré de la Trinité. Elle fut la dernière de la famille Rogeron à posséder le manoir. En 1707, elle vendait le domaine à Urbain?Cassin, marchand ferronier à Angers, qui prit le nom de Cassin de la Groye. L’autre grande famille du village fut celle possédant le manoir de la Fosse. Le Manoir date de vers 1480, et se développe sous Renéé Lebreton qui possède le fief en 1540. Elle était la veuve de Jean Cadu, juge ordinaire d’Anjou, et maire d’Angers à plusieurs reprises entre 1513 et 1531. Ensuite le fief passe aux mains de la famille Avril de 1561 à 1665. On trouve ainsi Guillaume Avril et sa femme Anne Leroy, puis leur fils René Avril, chantre et chanoine de Saint-Pierre d’Angers à compter de 1613. Il fonde en 1662 la chapelle de La Fosse. Mort en 1663, René Avril laisse à ses héritiers le fief, qui est vendu en 1665 à Pierre Foyer. Le domaine est ensuite acquis en 1727 par Pierre Pasqueray du Rouzay, héritier en 1735 du château de Saint-Jean-des-Mauvrets. La commune de Saint-Saturnin-sur-Loire La révolution française réorganise géographiquement le pays. D’abord les provinces sont redessinées et l’Anjou, quelque peu diminuée, devient la Mayenne-et-Loire. Les communes sont renommées afin de supprimer les allusions religieuses?: Saint-Saturnin devient Bon Air, puis Mont-Rude, et Saturnin. Mais surtout le village est divisé en deux. Le 17 janvier 1792, le district d’Angers décide le partage entre Gorges Sableuses (Saint-Sulpice) et Saint-Jean-des-Mauvrets. Les habitants de Saint-Saturnin ne semblent pas particulièrement engagés dans les conflits révolutionnaires. Les combats ont surtout lieux dans les Mauges ou au nord de la Loire. A Saint-Sulpice, le curé de la paroisse, Jean Louis Jumereau, est réfractaire ; il est arrêté en 1793, et périt à coups de fusils à l’entrée de Saint-Jean-des-Mauvrets, alors que les républicains le conduisaient à la prison d’Angers. L’église de Saint-Saturnin a, elle, été vendue le 21 Mai 1792, mais elle sera racheté par les habitants en 1799. En 1805, la commune retrouve son autonomie et son nom, mais pour une raison inconnue le Petit Pavé, dans le bourg de Saint-Saturnin, reste attaché à Saint-Jean-des-Mauvrets. La commune suit alors le développement agricole que connaît le département. En 1831, Saint-Saturnin compte 1038 habitants vivants principalement de l’agriculture. Dans la vallée, les cultures maraîchères et le chanvre viennent s’ajouter à la viticulture de la plaine. Après 1860, Napoléon III développe le chemin de fer en France, la Loire perd alors peu à peu de son importance dans le commerce et les échanges. L’empereur diffuse aussi les règles et les installations d’hygiène publique. Les égouts et bains publics sont créés dans les villes, et à Saint-Saturnin, on construit un nouveau bâtiment habritant séparement le vivier, le lavoir, et l’abreuvoir (cette aménagement, appelé la fontaine, est toujours installé rue de la Loire ). Mais du fait de la croissance de l’industrie et du développement des villes, la main-d’œuvre des campagnes va chercher le travail en ville. En 1859, la commune de Saint-Saturnin est autorisée à vendre son ancienne mairie et ses biens communaux. L’argent ainsi récupéré permet de construire un nouveau bâtiment servant de mairie et d’école. L’église est également complètement reconstruite, avec les pierres de l’ancienne. Au début du XXe siècle, la première guerre mondiale touche Saint-Saturnin qui perd?quatorze de ses enfants. Pendant l’entre-deux-guerres, la commune reste agricole, et profite de l’avancée du progrès. L’électricité est par exemple installée en 1925, même si on continuera jusque dans les années 1960 à aller chercher l’eau aux puits ou pompes collectifs. Néanmoins, la période est dur pour les communes rurales, qui suite à la grande guerre et aux difficultés économiques, perd peu à peu ses habitants. En 1936, Saint-Saturnin compte plus que 575 habitants. Après la guerre, l’Anjou connaît comme partout l’exode rural, et la transformation de l’agriculture. Le nombre de fermes à Saint-Saturnin diminue fortement après la guerre (65 fermes en 1945, 45 en 1960, et 5 en 2005), pourtant dans les années 1970, la population agricole du village est encore de 59,3 %, contre 45,9 % vers 1980. En 1968, la pépinière Prouteau s’installe sur Saint-Saturnin, et mettra plus de dix ans à réellement se développer. Depuis les années 1970, une politique de repeuplement du village est menée pour attirer les nouveaux urbains de l’agglomération angevine qui cherche à se loger en campagne. D’anciennes maisons sont restaurées, certains hameaux, comme la Gaignardière, s’étendent, et le lotissement de la Chaintre se crée dans les années 1980.

Référence : Wikipedia


 

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