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Saint-Mary en bref
Saint Mary est occupé par l'homme depuis la nuit des temps. La commune abrite en effet un site, la grotte d'Artenac, qui garde des traces d'occupation humaine vieilles de plus de 350 000 ans (deux fragments de crânes d'époque néandertalienne), les plus anciennes de toute la région du Centre-Ouest. Qui plus est, Artenac contient des vestiges du néolithique final (vers 3000/2500 av. J.C.) d'un tel intérêt que le site a donné son nom à la culture d'Artenac. La paroisse elle-même se constitua à une époque inconnue. Le nom de Saint Mary (ou Marius) est celui d'un ermite du IIIe siècle que la tradition donne pour le premier évangélisateur ou apôtre de la Haute Auvergne, avec son compagnon Mamet. Son culte se répandit assez rapidement, surtout en Auvergne où plusieurs localités portent son nom. Cela ne donne malheureusement pas d'indication sur l'époque de fondation de la paroisse charentaise de Saint Mary. Une installation humaine liée à un défrichement du Xe ou XIe siècle est possible mais l'aspect de la petite agglomération dominée par le château fait aussi penser à un bourg castral. La paroisse de Saint Mary avait une certaine importance au Moyen Age, ne serait-ce que par la position stratégique de son château (cité comme forteresse – fortalicium – en 1274 mais probablement plus ancien) qui surveille et défend la voie de passage par la vallée de la Bonnieure. On trouvait sur son territoire, outre l'église paroissiale aujourd'hui disparue, un prieuré qui dépendait de l'abbaye de Nanteuil (devenu église paroissiale après les guerres de religion), au moins cinq moulins, une léproserie, etc. La paroisse avait sa foire, mentionnée en 1322. Citée au XVe siècle comme une châtellenie, Saint Mary en avait toutes les caractéristiques dès le XIIIe, formant une terre féodale cohérente dont le seigneur avait tous droits de justice haute, moyenne et basse, « honneurs », droit d'octroi, ban et corvées, dîmes inféodées, etc. La seigneurie avait ses officiers de justice, nommés par le seigneur (juge sénéchal, procureur, greffier, sergents), son notaire, un garde du scel (pour sceller les contrats), ainsi que sa mesure particulière, la « mesure de Saint Mary », qui avait cours également à Montembœuf. La cour de justice de Saint Mary est citée vers 1325 (Cartulaire de Saint Mary, acte 48). Plusieurs fiefs nobles existaient dans la paroisse, tenus par autant de vassaux du seigneur : Artenac, la Maison Noble, la Soudière, Montebride, la Faucherie, etc. Au Moyen Age, évidemment, la population est essentiellement rurale. Quelques documents anciens (fin XIIIe siècle) mentionnent des noms de tenanciers, dont certains sont dits « levants et couchants », c'est à dire de condition serve, et un « terrier » établi en 1538-1539 donne le nom des « manans et habitans de la terre, chastellanye et juridiction de Sainct Masry » qui doivent des cens, rentes et corvées au seigneur (Arch. dép. de la Charente, J 512). Au XVIIIe siècle, Saint Mary comptait 203 feux, soit un peu plus de 1000 habitants. Sur le plan féodal, la seigneurie de Saint Mary relevait à hommage lige de l'évêque d'Angoulême, à l'exception du château qui mouvait du « fief vicomtal », lequel était jusqu'en 1308 la propriété du comte d'Angoulême. Les premiers seigneurs connus de Saint Mary sont les Regnauld, famille très ancienne de l'Angoumois, citée en 1034 et remontant sa filiation prouvée à Arnaud Regnauld, chevalier, qui passa un acte comme seigneur de Saint Mary en 1186. Il avait épousé vers 1175 une fille de Guillaume de Chabanais. Après quelques générations, Saint Mary passa dans la famille cousine des Chabanais (vers 1265), puis successivement chez les Sallebrache (ou Célebrache), les Frondebœuf, les Barbezières et les Curzay. Le premier Curzay seigneur de Saint Mary est Jean de Curzay qui avait épousé en 1491 Isabeau de Frondebœuf, principale héritière de la seigneurie, mais les familles citées plus haut restèrent par héritage possessionnées dans la paroisse, aussi Saint Mary devint une co-seigneurie, dont les Curzay étaient cependant les seigneurs châtelains (ils tiennent le château et en rendent hommage). Les Regnauld, de leur côté, ont toujours à Saint Mary des fiefs, des forêts, des moulins, des droits seigneuriaux divers ainsi que leur chapelle funéraire, qui avait été fondée vers 1285 par Pierre Regnauld, chanoine d'Angoulême et archidiacre de Saintonge. Témoins de leurs possessions du XIIe siècle, ces biens furent encore accrus par une alliance avec les Frondeboeuf dans les années 1450. De fait, les Regnauld s'intitulent parfois « seigneurs de Saint Mary », nonobstant l'existence des Curzay avec lesquels leurs relations ne furent pas toujours sans difficultés. En fait, le mariage vers 1350 de Jean I Regnauld avec Marguerite de Confolens avait doté la famille de la seigneurie de l'Age-Bertrand (Chirac, Charente) qui était devenue son principal établissement. C'est de leur château de l'Age que les Regnauld gèrent désormais les intérêts qu'ils ont gardés à Saint Mary, où ils ont une recette seigneuriale particulière confiée à un prévôt. Les Curzay resteront seigneurs en titre de Saint Mary jusqu'au XVIIIe siècle, époque où la seigneurie passa par mariage dans la maison de Rocquart. Enfin, par acte du 12 juillet 1763 (passé devant Rioux, notaire), François Regnauld, marquis de la Soudière, descendant des premiers seigneurs de Saint Mary, et déjà co-seigneur du lieu, acheta à Fançois Saulnier de Pierre-Levée et à sa femme Anne de Rocquart (le fief venait d'elle) « la terre et seigneurie de Saint Masry... consistant dans la haute justice en toutte la terre dudict Saint Masry, droit de directeté y joint, chasteau dudict lieu, préclôtures, droit de paisches, cens et rentes, dixme et agrier, moulins baneaux », etc. Au mois d'avril 1794, Louis Regnauld, marquis de la Soudière et seigneur de Saint Mary ayant émigré, sa femme Madeleine-Elisabeth de Maulmont, déclarée suspecte fut arrêtée, conduite à la Rochefoucauld puis transférée à Paris où elle fut condamnée à mort le 4 juillet par Fouquet-Tinville et guillotinée le jour même. Son corps fut jeté dans la fosse commune de Picpus. Pendant ce temps-là, la ci-devant seigneurie de Saint Mary, divisée en quatre vingt onze lots, était vendue comme bien national. À la Restauration, le rachat par Gabriel de la Soudière, fils aîné de Louis, du château et de quelques métairies reconstitua une partie du domaine familial. Deux générations plus tard, Louise de la Soudière, petite-fille de Gabriel, épousait en 1885 son cousin germain Fernand, marquis de Saluces, et lui apporta toute la fortune de ses parents. Le château de Saint Mary fut vendu par leur fils Henry de Saluces en 1935. Cette histoire de la « seigneurie » de Saint Mary, à travers les familles qui l'ont possédée, ne rend compte que très partiellement de l'histoire de la paroisse, puis commune de Saint Mary et de ses habitants. Celle-ci reste donc à écrire, notamment pour la période moderne.
Référence : Wikipedia






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