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La Rochebeaucourt-et-Argentine en bref

En 1827, les communes d'Argentine et de La Rochebeaucourt fusionnent sous le nom de La Rochebeaucourt-et-Argentine. La Rochebeaucourt était un fief de la baronnie Villebois. En 1214, après la bataille de Bouvines, le roi Philippe Auguste dépossède pour félonie un sieur de Villebois au profit de Hugues de Mareuil (en Périgord), dont la famille détiendra la terre de Villebois pour des siècles. La famille qui habitait Villebois s'installa à La Rochebeaucourt et continuait le nom de famille de Villebois. Au XIème siècle Ytier de Villebois donne le terrain pour construire l'église de la Rochebeaucourt ( cf. J.Jézéquel, op.cit. ainsi que pour tous les autres éléments ajoutés). Un hommage féodal à un autre Ytier du 3 novembre 1229 est cité par l'archiviste départemental J.Burias. De nombreux autres hommages avec aveu et dénombrement datés de 1271 à 1365, rendus par ou à un Villebois, figurent dans le fonds Galard de Béarn (Archives de La Charente). En 1345 Ytier de Villebois refuse d'ouvrir le château aux Anglais, que leurs bandes assiègent en 1360, mais en 1372 il profite de la révolte d'Angoulême pour délivrer la place et en chasser la garnison anglaise. Au XVème siècle le seigneur ayant pris le parti des Anglais, sur ordre du roi et du comte d'Angoulême, la forteresse fut démolie et rasée. La dynastie s'éteint vers 1391 avec Guy, dernier Villebois possesseur de La Rochebeaucourt, qui sans héritier direct, fait de sa sœur Marguerite et de son époux Ytier Bernard, seigneur de Lavaure, ses héritiers universels, d'où réunion définitive des terres de La Rochebeaucourt et de Lavaure. Le couple n'a qu'une fille, Jeanne (+ en 1429), épouse d'Hélie Gombaut, seigneur de Dizout (+ 1434); sans enfants, celle-ci lègue la nue-propriété de ses biens à sa cousine germaine Marguerite Puyvivier, épouse de Jean de La Roche, seigneur de Soubran, et leur usufruit à son mari, qui 2 ans après transporte sous l'influence de son régisseur La Rochebeaucourt à son puissant voisin Geoffroy de Mareuil,sénéchal du Roi en Saintonge, qui entretenait gens de guerre et garnisons dans ses châteaux de Mareuil et de Villebois. Trois Mareuil s'y succèderont. Jean I de La Roche, au service du roi, fut tué lors de la reconquête de la Guyenne, ainsi que son fils Hélie; c'est son petit-fils Jean II, seigneur de Soubran, qui revendiqua les terres qui auraient dû échoir à aux siens, et attaqua en justice leur possesseur, Guy de Mareuil. Après une longue procédure judiciaire entamée devant la Sénéchaussée de Saintes en 1458, continuée devant les Parlements de Bordeaux (1464) et de Paris, une transaction est signée en 1475 au château de Villebois, lui accordant les deux tiers de la seigneurie initiale de La Rochebeaucourt - et les trois quarts de la forêt de Rougnac - l'autre tiers restant aux Mareuil. Le conflit rebondira avec une contestation sur la délimitation des forêts de La Mothe et de Combiers, d'où en 1503 enquête et déposition de 21 témoins du bornage de 1475 (confirmé en 1527), suivi d'un arrêt du Parlement de Paris de 1551 confirmant les limites des deux seigneuries. En 1349, deux écuyers avaient livré le château aux Anglais (guerre de Cent Ans). En 1548, suite aux émeutes liés à l'extension de la gabelle à l'Angoumois, les Pitauds révoltés pillent et incendient des bâtiments du château de Francois de La Roche, gouverneur de la province, attachant ses serviteurs à des planches et leur brisant les membres à coups de bâton. Ce seigneur fit raser les tours et châteaux de Baffoux, Lavaure et Hautefaye pour ne garder d'un des deux châteaux qu'il fit embellir et meubler plus richement; l'antique tour carrée, au midi du château moderne disparait alors pour être remplacée par la terrasse encore visible. Jean II de La Roche (+ 1485) s'opposa au chapitre des chanoines de La Roche, qui profitant d'une époque troublée, avaient usurpé des rentes et un moulin de la châtellenie et avaient assemblé six ou sept paillardes dans une de leurs chambres, y tenaient un bourdelle. Il avait fait construire pour lui et ses descendants un caveau sous le maître-autel de léglise collégiale. Jean III de La Roche (1485-1545), fils aîné, fut proche des Valois, dont il obtint titres, honneurs et charges : lieutenant général et gouverneur de l'Angoummois (1515), conseiller et chambellan ordinaire du Roi, Grand Sénéchal de Saintonge et d'Angoumois (1517), ministre plénipotentiaire près la Cour d'Espagne (1517-1519), capitaine des ville et château d'Angoulême (1524) où en 1529 il fit bâtir une tour fortifiée dans les remparts, chargé de restaurer le château royal de Saint Germain-en-Laye (1526). Un contrat du 1er septembre 1488 indique que le seigneur fait déplacer et rebâtir trois moulins sur la chaussée du petit étang, entre les deux châteaux - qu'il fera réparer. Par acquisitions successives il constitue le Grand Parc, formé d'une centaine d'hectares, qui s'ajoute au Petit Parc, et fait ensuite démolir et raser les villages cités dans les actes, sauf la Grande Métairie. Dès avant 1526 il fait commencer un long mur de clôture de sa propriété. En janvier 1525, il échange avec Louise de Savoie, mère du Roi, des domaines et rentes sur la paroisse de Fléac contre le droit de péage sur le pont de La Nizonne séparant la ville et le château. En 1586 les juges de l'élection d'Angoulême se prononcèrent sur les prétentions de Gabrielle de Mareuil de contraindre les manants et tenanciers des quatre paroisses à faire le guet et la garde à son château, seule place forte du pays... Tous les titres de propriété, inventoriés au XVIIème s. à chaque changement de seigneur, étaient conservés dans la chambre du Trésor contenant le chartier du château. En octobre 1793, on brûle dans le bourg devant l'Arbre de La Liberté des titres de rentes seigneuriales; en mars le domaine entier avait été mis sous séquestre par le District d'Angoulême, et ses revenus fonciers versés à la Nation. En novembre 1866, une fête fut organisée à La Rochebeaucourt en l'honneur du lieutenant Laure Henri Gaston de Béarn (1840-1893), un des officiers les plus distingués de notre armée du Mexique, selon Le Charentais du 18/11. Après avoir défendu en 1867 les états pontificaux, il quittera l'armée capitaine en 1869 pour gérer en sa qualité d'aîné le patrimoine foncier familial, agrandi par de nombreuses achats de terres - 116 actes recensés entre 1829 et 1870 - et qui comptait encore 1 801 hectares en 1880. Or, en moins de 20 ans le nouveau prince de Viana - du nom d'une terre espagnole mais titre non reconnu en France - improvisé capitaine d'industrie, parrainé dans le monde des affaires par le baron Digeon et le banquier Delamarre, secondé pendant sept ans par le comte Henry de Croy-Chanel et d'autres affairistes, dilapida la fortune ancestrale, ponctuellement accrue par des riches mariages, et entamant celle de son épouse, en s'aventurant dans maintes entreprises industrielles et bancaires souvent chimériques : la Compagnie de la Nouvelle-Calédonie (1872-1877), la Compagnie des Chemins de Fer Méridionaux (1878-1881), le Canal Européen, devant relier la Méditerranée à la mer du Nord (1880-1881), la Compagnie Générale de Métallurgie (1882),...etc. Le syndicat de la première société citée, mise en faillite en novembre 1877, lui demanda d'intervenir auprès de son beau-frère le duc de Broglie, alors Président du Conseil, afin de l'empêcher en agissant sur les ministères de la Marine et des Finances. En 1868-1869 Gaston de Béarn avait investi dans la construction de trois grands immeubles de rapport parisiens boulevard Haussmann et rue du Faubourg Saint-Honoré. Disparut également la quasi-totalité de la fortune de Cécile de Talleyrand-Périgord (1854-1890), épousée en mai 1873, qui, malgré une séparation de biens prononcée à sa demande fin 1885, dut vendre à l'amiable et par lots ses grands domaines familiaux nivernais de 1884 à 1889, année où fut également cédé l'hôtel particulier du 39, rue Saint-Dominique. Surendetté - entre autres auprès de 26 notaires - le couple, après avoir démeublé et quitté le château en 1877 pour s'installer dans une villa à Pau, tenta ensuite de vendre ce patrimoine familial, qui fut finalement cédé au comte d'Oksa en 1891. Les châteaux successifs. Une transaction datée du 22 avril 1526 intervenue avec les héritiers d'un maçon qui construisait le mur de clôture du Grand Parc, indique que celui-ci est inachevé; après plusieurs des achats en 1528 et l'échange du repaire de Goulmard et ses dépendances en 1573, il sera continué pour faire 4 kilomètres de long. L'ancienne route d'Angoulême à Périgueux le sépara du Petit Parc, du côté du vieux château démoli. La demeure seigneuriale fut modifiée au fil des générations qui s'y succédèrent. Le donjon fut rasé par François de La Roche, replié sur ses terres après ses échecs de gouverneur de l'Angoumois et sa disgrâce; à son emplacement, dans le Petit Parc (Ouest) une très grande terrasse surélevée protégea les jardins. En 1691 un inventaire après décès donne ces chiffres : 2658 livres 19 (sols) pour le mobilier du château - dont beaucoup de tapisseries - 699 livres pour l'argenterie, 3077 livres pour les bestiaux et outils aratoires des métairies (Jézéquel, op.cit. p.79). A l'extrême fin du XVIIème siècle, bâtiments et jardins seront embellis et aménagés par Marthe Madeleine Foullé de Prunevaux (+ 1747) épouse en 1691 de François Alexandre, comte de Brassac (+ 1713), qui se retire au château en 1694; depuis l'incendie du château en 1941, la façade de l'orangerie est le seul témoin visible de cette campagne de travaux. En septembre 1697, la comtesse de Brassac écrit : je voudrais retrouver pour longtemps ma chère Roche et y respirer un air doux et tranquille (même réf. p.80), ...puis, devenant en mai 1710 dame d'honneur de la duchesse de Vendôme et devant aller vivre à la Cour : je ne pensais guère à quitter mes carreaux et mes simple gazons... M.de Brassac et moi sommes plus que jamais en dettes des embellissements que nous avons fait ici (même réf. p.82). Louis XIV aurait offert en cadeau de mariage à leur fils Guillaume-Alexandre (1693-1768), qui épousa en juillet 1714 à Paris Luce Françoise Cotentin de Tourville (+ 1756), fille du célèbre maréchal, la fontaine de marbre qui orna l'orangerie (même réf. p.89). Du fait de l'achat de nouveaux meubles pour le château, la prisée du mobilier de juin 1713 s'élève à 34525 livres. Guillaume-Alexandre fut Premier Gentilhomme de la Chambre, puis chambellan de Stanislas Leczinski, roi de Pologne et beau-père de Louis XV. En 1766, il est admis à monter dans les carrosses du Roi et en 1711 est nommé inspecteur des Chasses et Plaisirs à la capitainerie de Saint-Germain. René, le Chevalier de Brassac (1698-1771 ou 1772) géra La Rochebeaucourt d'août 1768 à sa mort; ce militaire qui commanda les côtes de Normandie, auteur de musique, composa un ballet, une tragédie qu'il mit en musique, et des cantates, et fut cité par Voltaire dans Le Temple du Goût. Anne Hilarion de Béarn (1715-1788), époux en 1739 d'Olympe Caumont de La Force, fille du dernier duc du nom, fut premier gentilhomme et écuyer de Madame Victoire, une des filles de Louis XV, et Adélaide Luce Madeleine de Béarn, la gouvernante des enfants du comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X. En mai-juin 1792, alors que le mobilier du château est vendu à la requête de Me Cousin, agissant pour le compte du petit-fils mineur d'Anne-Hilarion, le manoir est ainsi décrit par le régisseur Boulland : un des plus conséquents par sa forme et son étendue...flanqué de deux tours dont une garnie de créneaux, en entier couvert d'ardoises (...) 12 pièces grandes et petites, à chaque étage, dont 9 à feux et les deux tours appelées donjons ont une chambre haute avec une jolie chapelle au premier et un des plus beaux escaliers qu'on puisse voir (...) en dernier lieu a été construit un corps de bâtiment de six pièces basses à cheminées (l'orangerie ?). Le 29 avril 1794, sous la conduite de la municipalité en écharpe, les habitants d'Edon, manoeuvrés par Thibaut Seguin, dit l'Américain, révolutionnaire chassé de Saint-Domingue, installé dans cette commne, viennent détruire et arracher les parterres de l'orangerie et des terrasses. Jusqu'en 1795, violations de la propriété et pillage des bois et forêts se succèdent. En juillet 1796, le comte de Brassac perçoit 2000 livres en numéraire pour la vente de 71 gros orangers et citronniers. Fin 1797, l'intendant évoque les réparations urgentes des bâtiments qui sont tous dans un triste état, travaux qui seront entrepris en 1799 et 1800 (lettre du 10 ventôse an V). Après 1824 les Béarn s'installent définitivement à La Rochebeaucourt et redonnent vie au château et à la ferme du Parc; la seigneurie acquiert alors le statut de grande propriété domaniale, où le châtelain se comporte en exploitant terrien. Entre 1853 et 1859, Louis Hector (1802-1871), diplomate et sénateur d'Empire, fit bâtir à l'emplacement des vieilles ruines un grand château de style néo-Renaissance par l'architecte parisien Dusillon et à l'entrepreneur angoumoisin Nicolas, avant d'en faire édifier un autre du même goût de 1863 à 1867 à Clères (Seine-Maritime), propriété de sa seconde épouse, Marguerite de Choiseul-Praslin (1820-1891). Subsiste de cette époque dans l'Allée Verte du parc, l'arc de triomphe édifié en 1840 par Alexandre Léon Luce de Béarn (1771-1844), chambellan de l'Impératrice (1809), puis comte d'Empire; en 1807, il présida le collège électoral de l'arrondissement d'Angoulême et en 1818 il fut maire de Boves (Somme), où sa belle-famille épouse possède des biens. Ce monument fut dédié à La Vertu en souvenir de son épouse depuis 1797, Marie Elisabeth Pauline du Bouchet de Sourches de Tourzel, fille de la fidèle gouvernante des Enfants de France jusqu'aux prisons du Temple (août 1792) et de La Force; les deux femmes furent ensuite tour à tour incarcérées ou cachées, sans jamais quitter le pays. Mme de Tourzel mère accompagna, sous le nom de baronne de Korff, la famille royale dans sa tentative de fuite jusqu'à Varennes (cf. Marie Antoinette - Exposition au Grand Palais, dossier de l'Art n°150, mars 2008 p.23); Pauline de Béarn devint dame d'honneur de la duchesse d'Angoulême. Suite à l'incendie de février 1941 par l'occupant allemand, ne restent que les terrasses au niveau du château et 3des soubassements très importants (Jézéquel, op.cit. p.189). Les archives de cette famille, s'étendant sur six siècles, furent acquises en 1952 par les Archives Départementales de la Charente (21 mètres linéaires). Le comte René Marie Hector de Galard de Brassac de Béarn (1862-après 1920) lieutenant de cavalerie, fut de 1890 à 1920 l'éphémère époux de Martine Marie Pol de Béhague (1870-1939), fille d'un des plus grands bibliophiles du XIXème s., célèbre mécène et collectionneuse d'art; le couple, séparé, fut sans postérité (l'hôtel de Béhague du 123, rue Saint-Dominique à Paris est devenu à la mort de l'ex-comtesse de Béarn l'ambassade de Roumanie en France).

Référence : Wikipedia


 

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