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Bédeille (Pyrénées-Atlantiques) en bref
Fragments d’histoire (d’après M. l’Abbé Cup-Pucheu) L’histoire de la petite commune de Bédeille n’attirerait pas l’attention si elle ne présentait pas cette particularité d’avoir été une Souveraineté. La superficie de la commune est de 385 hectares. Sa population n’a pas cessé de diminuer depuis plus de cent ans. En 1850 elle comptait 354 habitants, en 1869 : 316 - en 1889 : 312 - en 1911 : 251 - en 1926 : 210 - en 1959 : 168. Terre de franc-alleu, ce village n’a pas eu de seigneur pendant le Moyen Âge. Le monastère de Saint Pée y percevait des droits sur l’église. Au Xe siècle, un habitant, « Bonus » se fit religieux de ce monastère et lui donna une partie des revenus de l’église. En 1101 cette église devint une possession des chanoines de Lescar (annuaire de St Pée). La terre de Bédeille fut une possession directe des vicomtes de Béarn pendant plusieurs siècles, jusqu’au jour où elle fut concédée à titre de Souveraineté à un membre de la Maison de Foix. Dans un censier de 1402, il est question des redevances que le vicomte de Béarn perçoit à Bédeille (B.P. E-317). Le vicomte Jean de Foix qui régna en Béarn de 1412 à 1436 eut pour successeur son fils Gaston XII de Béarn. Il avait en outre deux enfants naturels qui furent créés barons : Jean, baron de Miossens et Bernard qui lui, épousa Catherine de Gerderest et devint baron de Gerderest. Il reçut la terre de Bédeille. Ce dernier eut un fils, Jean de Béarn, et une fille, Eléonore de Béarn, mariée à son cousin Roger de Gramond. Il prit part et se signala à la campagne de Guyenne en 1449 et 1451. Jean de Béarn son fils, seigneur et baron de Gerderest épousa Marguerite de Gramond, conspira avec les seigneurs de Coarraze et d’Andoins contre la vicomtesse de Béarn, fut condamné à mort et décapité dans le château de Montaner en 1488. Ses biens furent confisqués. Il laissait trois enfants : Bertrand, Roger et Catherine qui épousa son cousin François de Miossens, petit-fils de Jean de Béarn. Bertrand de Béarn Gerderest obtint en 1490 mainlevée de la saisie des biens de son père. En 1502, il devint Sénéchal de Béarn. Il épousa une dame d’Andoins dont il eut deux fils : François dont nous allons parler Bernard de Béarn, seigneur de Meillon. En qualité de sénéchal il donna des lettres de sauvegarde aux habitants de Colslédaa contre Gaston de Foix, baron qui les avait maltraités. François de Béarn, baron de Gerderest, seigneur de Bédeille, Castagnède, Mur et autres autres lieux, se maria en 1524 à Anne de Pardailhan Armagnac. En 1534, il présenta à la cure de Bédeille, ce qui causa un procès. Son fils Gabriel lui succéda. Gabriel de Béarn, baron de Gerderest, seigneur de Bédeille et autres lieux, Chevalier de l’Ordre du Roi, fut l’un des chefs les plus importants du parti catholique. Il vendit la seigneurie de Bédeille au seigneur d’Idron à titre de rachat. Les deux étaient catholiques ; leurs revenus furent confisqués. Il n’eut pas d’enfant et mourut à Navarrenx en 1569. Quelques années plus tard le souverain de Béarn, Henri de Navarre, futur Henri IV, donna à la Maison d’Albret Miossens les biens confisqués au baron de Gerderest. La seigneurie de Bédeille fut comprise dans cette donation qui fut faite à Henri d’Albret. Ces biens ne sortaient pas de la famille car la bisaïeule d’Henri d’Albret était une Gerderest. Henri d’Albret, 1er du nom, baron de Miossens, Coarraze et Gerderest, sire de Pons etc., capitaine de Lourdes, s’intitule le premier « Souverain de Bédeille ». Né vers 1536, il fut élévé à Coarraze pendant quelque temps avec Henri de Bourbon, futur Henri IV. Sa mère Suzanne de Bourbon avait été gouvernante du jeune prince. Il épousa en 1563 Catherine de Stuer de Caussade et devenu veuf, Antoinette de Pons, fille héritière du Sire de Pons. Il embrassa la réforme, combattit dans l’armée de Coligny à la bataille de Montcontour, le 13 mars 1569. Il reçut les biens confisqués à Gabriel, baron de Gerderest, suivit le roi de Navarre à la cour et n’échappa au massacre de la St Barthélémy que grâce à l’intervention de Marguerite de Valois, Reine de Navarre. En 1575 il fut nommé Lieutenant Général et il réussit par sa douceur et son habileté à faire rentrer la Bigorre en l’obéissance d’Henri IV. En récompense le roi lui donna, à titre héréditaire, le gouvernement des châteaux de Lourdes et de Mauvezin. Il eut quatre enfants : Appolon d’Albret, protonotaire apostolique Françoise épouse de Jean de Grossoles Claire, morte célibataire à Lourdes en 1644 Henri d’Albret qui suit. Il mourut en 1598. Henri d’Albret, souverain de Bédeille, baron de Coarraze, sire de Pons, seigneur de Miossens etc… vendit en 1623 le château de Beuste à Pierre de Navailles, seigneur de Mirepeix. En 1644, il hérita de sa sœur Claire. En 1648, il se démit de sa charge de gouverneur des châteaux de Lourdes et de Mauvezin en faveur de son fils François Amanieu. Il épousa Anne de Pardailhan Gordin dont il eut trois fils et six filles : François Alexandre qui devait lui succéder mais qui mourut avant lui en 1648, laissant un fils, Charles Amanieu, qui suit, César Phébus né vers 1614, homme de guerre célèbre, Maréchal de France en 1650 et mort en 1676, laissant de son mariage avec Madeleine de Guénégaud une fille unique, Marie d’Albret qui suit, François Amanieu qui resta célibataire et fut tué en duel en 1672. Les six filles sont : Toinette, Diane, Paule, autre Toinette, Jeanne et Françoise. Cette dernière épousa Henri Bernard de Miossens, Comte de Sansons. Henri d’Albret reçut le serment de fidélité de Bédeille en 1610 (B.599.83). A sa mort en 1650, son oraison funèbre fut prononcée à Pons par Mathieu d’Espruet, abbé de Grondin . Il eut pour successeur son petit-fils qui suit. Charles Amanieu d’Albret, fils de François Alexandre épousa par dispense sa cousine germaine Marie d’Albret le 2 mars 1662, fille de César Phébus. Il n’eut pas d’enfant et il mourut en Picardie en 1678, laissant tous ses biens à sa veuve et cousine qui suit. Marie d’Albret veuve, épousa en secondes noces Charles de Lorraine, comte d’Harcourt en 1683. Elle accorda un jour de marché aux habitants de Bédeille le 20 décembre 1688 (E.2192) et mourut à Paris le 13 juin 1692, laissant tous ses biens à son mari dont elle n’avait pas eu d’enfants. Charles de Lorraine souverain de Bédeille, baron de Coarraze, épousa en secondes noces Thérèse Catherine de Matignon dont il eut un fils Louis, qui suit. La souveraineté de Bédeille avait été vendue par son prédécesseur aus Navailles d’Angays. Charles de Lorraine obtint l’annulation de cette vente par arrêt du Parlement de Paris le 17 janvier 1686. Charles Louis de Lorraine, fils du précédent, souverain de Bédeille, prince de Pons, épousa en deuxièmes noces Elisabeth de Roquelaure, d’où un fils, Camille Louis, qui suit. Il vendit la baronnie de Coarraze le 11 octobre 1722 à Jean Jacques de Monaix, celle de Miossens à Raymond d’Hérèter en 1713, celle de Gerderest à Jean de Noguez vers 1711. Il s’intitulait « Souverain de Bédeille » en 1727 (B.5040). Camille Louis de Lorraine, souverain de Bédeille, prince de Marsan, marquis de Mirauban, Saint Léger et autre lieux, Lieutenant Général du pays et comté de Provence, des villes d’Arles, Marseille Toulon et terres adjacentes naquit le 18 décembre 1725. Il vécut à Paris à l’Hôtel de Bouillon, quai Malaquai. Il afferma ses biens de Bédeille. Le 5 juillet 1776 il donna un reçu de 3000 livres aux fermiers de la Souveraineté et signa : le Prince de Marsan. Il mourut à Paris le 12 avril 1782. Le 11 mai suivant, on fit un service solennel dans l’église paroissiale de Bédeille. Il avait deux sœurs : Françoise Marguerite Louise Elisabeth de Lorraine qui fut abbesse de Remirement, Louise Henriette Gabrielle de Lorraine, duchesse de Bouillon, qui fut héritière de son frère, elle mourut en 1788 et ses biens furent en déshérence. Le tribunal civil de Pau dans son audience du 24 avril 1824 déclara « Vu par le Tribunal le mémoire présenté par la Direction Générale de l’Enregistrement et du Domaine par lequel elle expose que d’après la notoriété publique, la duchesse de Bouillon, souveraine de Bédeille, décéda vers la fin de 1788 sans avoir laissé d’héritier connus ; qu’elle possédait des immeubles situés dans la commune de Bédeille qui sont restés longtemps abandonnés et ensuite indûment régis par les différents maires qui se sont succédé ; la duchesse de Bouillon n’ayant pas d’héritier connu ni d’enfant naturel, sa succession est acquise à l’Etat d’après l’art 768 du Code civil. Le tribunal statuant sur la demande de l’Administration de l’Enregistrement et du Domaine, nomme Me Laffite, avoué prés le tribunal, curateur de la succession vacante de Mme la duchesse de Bouillon pour les biens qu’elle a laissé et qu’elle possédait dans la commune de Bédeille ». Il fut procédé aux publications aux fins d’obtenir l’envoi en possession de ces biens, faites à Pau, Lescar, Gan, Garlin, Lembeye, Morlaas, Nay, Bédeille et Pontacq. Personne ne s’étant présenté pour recueillir la succession, le Domaine en prit possession. Le tribunal dans son audience du 14 juillet 1828 condamne le curateur et tout détenteur des biens de cette succession à rendre compte au Receveur des revenus perçus sous la déduction des dépenses. Ces biens furent d’abord affermés et plus tard vendus.
Référence : Wikipedia






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